Posts tagged ‘laboratoires pharmaceutiques’

July 17, 2013

Quand l’industrie pharmaceutique se rachète une image

Avec “La pharmacie des malades oubliés”, le réalisateur Gérard Lafont propose un documentaire consacré aux médicaments dans les pays en développement.

Le documentaire “La pharmacie des malades oubliés” aborde les progrès médicaux dans les pays du Sud. Le développement de ces nouveaux traitements s’effectue dans le cadre de partenariats entre l’industrie privée et les ONG.

L’existence de malades oubliés

L’industrie pharmaceutique mondiale, désignée sous le terme Big Pharma, ignore une partie de la population mondiale. Ces “malades oubliés” meurent parce qu’ils ne sont pas rentables, démontre le film.

Face à cette situation insoutenable, l’initiative Little Pharma a vu le jour. Des associations se sont mobilisées pour créer ces médicaments, pas assez lucratifs pour les grands laboratoires. Raillées par les géants du pharmaceutiques, au départ, elles ont acquis une légitimité en développant des médicaments efficaces et adaptés aux malades.

Big Pharma et Little Pharma main dans la main

Le documentaire souligne l’évolution des relations entre Big et Little Pharma. Dépassant leur antagonisme initial, elles se sont alliées au sein des Partenariats pour le développement de nouveaux produits (PDP). Les PDP réunissent des acteurs et des contributions, publiques (Etats, instituts de recherche, institutions internationales) et privées (fondations, donateurs, ONG, entreprises, associations de patients et prescipteurs) autour d’un projet de recherche.

See on www.youphil.com

From Pharmaceutical Industry digital vision

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May 23, 2013

Sanofi – Lutte contre la contrefaçon : les 5 ans d’une unité de pointe

sanofi

Sanofi célèbrait hier les 5 ans du laboratoire dédié à l’analyse de la contrefaçon : Laboratoire Central d’Analyse des Contrefaçons (LCAC).

Pourquoi avoir créé une telle entité ? La contrefaçon représente actuellement un enjeu majeur de santé publique, en effet :

  • à peu près 1 médicament sur 10 serait une contefaçon au niveau mondial, ce niveau peut atteindre des sommets dans certains pays : on reconnait que 70% des médicaments peuvent être contrefaits.
  • Le nombre de médicaments contrefaits ne fait qu’augmenter, d’année en année, en effet, les bénéfices dépassent largement ceux de la drogue : ainsi investir 1000$ dans l’héroïne engendre un bénéfice de 20000$… avec le même investissement, le bénéfice est de 400 000$ avec des médicaments. Internt facilitant les échanges, le nombre de fausse pharmacie en ligne ne cesse d’augmenter.

Le laboratoire a dans sa recherche respecté 3 étapes : la traçabilité du produit, l’examen visuel minutieux, l’analyse chimique.

En 5 ans 20 000 produits ont pu être analysés, soit 4 000 par an, près de 16 par jour (sans prendre en compte les week ends) !

Sur les 3000 produits analysés en 2012, environ 200 étaient falsifiés, soit un taux relativement faible.

Néanmoins on pourrait se demander, les types de falsifications détectées, d’où provenaient les produits testés, et sur quelle base l’étaient ils, il y a t il eu des actions mises en places et surtout qu’elle a été le nombre de produits falsifiés total découvert pendant les 4 premières années

Source : Sanofi.com

Communiqué de presse : LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON : LES 5 ANS D’UNE UNITÉ DE POINTE – 21 mai 2013

May 20, 2013

Histoire des laboratoires pharmaceutiques

Quelle est l’histoire des laboratoires pharmaceutiques ? D’où viennent ils ?

histoire

  • Avant 1990

L’histoire des laboratoires pharmaceutiques commence avec celle des premières pharmacies et des premières découvertes, notamment dues aux progrès de la chimie. La quasi-totalité des grands laboratoires actuels ont débuté leur histoire « à l’arrière d’une pharmacie ». En 1803, Friedrich Adam Stürner découvrit, en isolant des molécules, la morphine. Ceci fut le début d’une succession de grandes découvertes. L’aspirine est découverte par la suite et sera commercialisée à partir de 1893.
L’aventure du médicament commence réellement à partir de 1937 en mettant en avant l’action antibactérienne des sulfamides, ce qui permet à Fleming de découvrir la pénicilline dès 1947 (contre la tuberculose). La première pilule est découverte en 1956, le premier vaccin contre la grippe est réalisé en 1957, en 1966 la pilule est commercialisée…
Les améliorations rapides de la science et de la chimie ont permis de savoir traiter de nombreuses maladies dites faciles : il fallait alors pouvoir soigner le plus de malades possible, une certaine euphorie s’est mise en place devant tant de grandes découvertes révolutionnaires. Oui mais… La plupart de ces découvertes étaient ce qu’on peut appeler des découvertes simples, les maladies n’étaient pas encore très résistantes aux médicaments, et certaines n’étaient pas encore connues.

  • Après 1990

Après 1990, on assiste à un certain tournant. Les laboratoires, pour la majorité, issus des premières pharmacies, commencent à connaître de grands profits et on assiste alors une réelle course aux profits qui se matérialisera sous plusieurs formes. Plusieurs fusions et acquisitions d’envergure mondiale entre des grands groupes pharmaceutiques ont lieu pour n’en citer que quelques unes :

    • 1995 : Boots acquiert Knoll.
    • 1995 : Glaxo acquiert Burroughts Wellcome.
    • 1995 : Ortho-MC Neil acquiert Gynopharma.
    • 1997 : Hoffman-La Roche acquiert Boehringer Mannheim.
    • 1998 : Sanofi SI acquiert Synthelabo.
    • 1998 : Zeneca et Astra fusionnent pour former AstraZeneca.
    • 2000 : Pfizer acquiert Warner-Lambert.
    • 2000 : Glaxo Wellcome PLC et SmithKline Beecham fusionnent pour former GlaxoSmithKline (GSK).
    • 2001 : Pierre Fabre et Biomérieux fusionnent pour former un groupe qui se séparera un an plus tard.
    • 2002 : Pharmacia (US) et Pfizer fusionnent pour former une seule entité.
    • 2003 : Biogen et Idec Pharmaceuticals fusionnent pour former Biogen Idec (BIIB).
    • 2004 : Aventis et Sanofi Synthelabo fusionnent pour former le groupe Sanofi Aventis, qui devient Sanofi en 2011.
    • 2006 : Bayer acquiert une position majoritaire dans la société Schering.
    • 2006 : Merck KGaA acquiert Serono.

La plupart des grands groupes pharmaceutiques se sont consolidés pour mieux combattre la concurrence et pouvoir mettre en commun leurs capacités d’investissements et ainsi être plus compétitifs. Ils représentent aujourd’hui des géants dans l’industrie pharmaceutique ainsi que financièrement et politiquement. Aujourd’hui, Sanofi représente la première capitalisation boursière française.

Néanmoins, cette puissance des laboratoires a engendré certaines dérives : une augmentation des activités de lobbying, une forte présence financière dans les associations de patients ; on peut alors s’interroger sur l’indépendance de ces associations chargées d’aider le patient… Les visiteurs médicaux chargés de vendre et d’expliquer les produits, représentent à la fois un avantage (les formations ne sont pas obligatoires pendant l’exercice) et un certain risque pour les médecins (si les informations sont biaisées). Ces visiteurs médicaux voient leur nombre atteindre le point culminant de 24 000 visiteurs médicaux en 2004. Ces visiteurs médicaux représentaient d’une certaine façon la force du laboratoire. A partir de 2005, on observe un profond ralentissement de ces grandes tendances notamment avec un scandale aux Etats-Unis entre 1999 et 2004 : Vioxx, un médicament mis sur le marché par Merck (USA) provoque plus de 30 000 morts sur le marché américain, il n’est retiré du marché qu’en 2004. En France, un scandale arrive et bouleverse l’opinion publique du Mediator, retiré du marché en 2009. Le nombre de visiteurs médicaux chute alors pour tomber à 18 330 en 2010, soit une diminution de 24%, et cette tendance devrait se poursuivre dans les années futures. Les « cadeaux » aux médecins deviennent de plus en plus encadrés, ainsi que la législation pour permettre à un médicament d’être commercialisé (les procédures d’autorisation de mise sur le marché AMM).

Ces procédures apparaissent comme étant de plus en plus difficiles : on demande de plus en plus de transparence aux laboratoires et cela s’est traduit par la création d’un Comité de Transparence (dépendant de la Haute Autorité de Santé – explicité par la suite) chargé d’étudier les molécules pouvant potentiellement être mises sur le marché et publiant leurs compte-rendus et analyses en ligne.
De nombreux brevets de molécules découvertes dans la fin des années 1990 deviennent publics à partir de 2007 / 2010 et permettent l’arrivée des génériques sur le marché. Ces médicaments respectent la bioéquivalence des médicaments originaux mais sont beaucoup moins onéreux. On assiste alors à des pertes pouvant aller jusqu’à 80% des chiffres d’affaires précédemment réalisés en 6 mois grâce à cette molécule à cause de l’arrivée des génériques.
Au total, les grands groupes pharmaceutiques ont dénombré une perte de 135 milliards de dollars due à l’arrivée des génériques entre 2005 et 2010. Une perte supplémentaire de 154 milliards d’ici à 2015 est à prévoir. Or les coûts de recherche et développement deviennent de plus en plus importants, comme nous avons pu le constater les maladies dites simples ont été trouvées, les maladies actuelles nécessitent plus d’investissement et de recherche pour permettre la découverte de médicaments.

Ce tournant ainsi qu’un tournant technologique (découverte et démocratisation du génome humaine), un tournant international (avantages et inconvénients de la mondialisation), un tournant démographique (vieillissement de la population) ont entrainé des grands changements dans les stratégies des laboratoires pharmaceutiques.

Source :

HAS (Comission de la transparence)

HAS santé, Publication des aides versées par les industries de santé aux associations de patients Rapport 2011

LEEM, Les effectifs de la visite médicale

Le moniteur des pharmaciens, Visite médicale un métier à réinventer d’urgence

« Médicaments et santé publique » , ADSP

Crédit photo : www.zazzle.fr