Archive for May, 2013

May 27, 2013

Rapport 2012 ASIP Santé : la plateforme digitale santé du gouvernement

ASIP

L’ASIP santé vient de publier son rapport 2012 permettant de mieux comprendre son activité durant l’année passée. Comme le reconnait l’actuel directeur Michel Gagneux, Force est de reconnaître que l’action de l’agence ne peut plus être, depuis la fin de l’année 2011, à la hauteur de ces finalités [NDRL :  mettre à la disposition des professionnels de santé les outils technologiques pour améliorer la qualité et l’efficience des soins et permettre aux patients de devenir les véritables acteurs de leur santé.]. Projet emblématique, le Dossier Médical Personnel (DMP) a été mis en service avec succès en phase de test dans quatre régions dès le début de 2011, mais son déploiement n’a pu être engagé. 

Cette agence nécessite dès lors plus de moyens et une implication complète de tous les acteurs santé du gouvernement.

Le rapport disponible ici : http://esante.gouv.fr/asip-sante/qui-sommes-nous/le-rapport-d-activite-2012-est-en-ligne, le démontre bien.

Comme souligné par Jeanne Bossi, les effectifs n’ont pas augmenté depuis 2008 contrairement “au champ d’action” que prend actuellement en compte ASIP santé. Ces champs se traduisent par la télémédecine, le dossier médical personnalisé, les applications…

Concernant le dossier médical personnalisé, le détail des frais lui étant imputéables (disponible dans un rapport rendu public), est précisé et expliqué : de plus fortes ressources auraient permis une réduction du coût budgétaire global, Jean Marie Bertrand “DMP a pâti d’un manque de pilotage par les instances publiques doublé de la faible mobilisation des acteurs de l’Assurance maladie, ce qui a passablement contraint l’organisation d’un parcours de soins coordonnés autour du patient”.

Comment se traduisent les actions de l’ASIP santé chez les professionels ?

Par exemple pour le médecin :

Le lancement global de la carte de professionnel de santé (CPS 3) : elle permet de s’identifier, d’alimenter et consulter le dossier de leurs patients, d’utiliser le système de messagerie électronique (MSSanté) pour communiquer avec leurs patients et enfin de signer électroniquement. Pour mieux apprendre aux professionnels à comprendre ces outils médicaux d’avenir, des formations sont mises à leurs dispositions sur le site : dmp.gouv.fr

Le rapport permet d’obtenir en détails les nombreuses actions mises en place que ce soit concernant les autres partenaires de santé, les établissements de santé, les soins à domicile ou les patients.

Un point primordial est soulevé par le rapport et sous-entendu dans la réussite de ces projets : la msanté ne pourra se faire sans un accord complet du patient. Un sondage mondial  menée par l’Economist Intelligence Unit (EIU) auprès de 1 000 patients, 400 médecins et 350 organismes payeurs en Afrique du Sud, Allemagne, Brésil, Chine, Danemark, Espagne, États-Unis, Inde, Royaume-Uni et Turquie a obtenu des résultats positifs et montre des attentes hautes de la part des patients pour améliorer le système de santé.

Ainsi en France ASIP santé travaille au quotidien pour améliorer sa communication en animant de nombreuses plateformes de médias sociaux (twitter, linkedin, google +), en créant des infographies permettant une compréhension facilité et enfin en communicant simplement sur ses actions.

Suite à un tel rapport, de nouvelles annonces ne devraient pas tarder…

Source : dmd.gouv.fr

May 25, 2013

Comment évaluer les applications santé ?

DMD_santé

DMD santé evaluation applications

De plus en plus, d’applications santé fleurissent sur les systèmes Androïd et Iphone. Comment peut on évaluer les applications de santé ?

Si ces applications ne sont pas évaluer à la fois par des professionnels et par le système législatif, des problèmes éthiques et de santé humaine peuvent se poser. DMD Santé propose une solution, ils évaluent quotidiennement toutes les applications se rapportant à la santé.

DMD a rendu public hier une infographie permettant de mieux comprendre la cible utilisant les applications santé :

infographie_mobinaute_sante_dmd

Source : http://www.dmd-sante.com/

May 23, 2013

Sanofi – Lutte contre la contrefaçon : les 5 ans d’une unité de pointe

sanofi

Sanofi célèbrait hier les 5 ans du laboratoire dédié à l’analyse de la contrefaçon : Laboratoire Central d’Analyse des Contrefaçons (LCAC).

Pourquoi avoir créé une telle entité ? La contrefaçon représente actuellement un enjeu majeur de santé publique, en effet :

  • à peu près 1 médicament sur 10 serait une contefaçon au niveau mondial, ce niveau peut atteindre des sommets dans certains pays : on reconnait que 70% des médicaments peuvent être contrefaits.
  • Le nombre de médicaments contrefaits ne fait qu’augmenter, d’année en année, en effet, les bénéfices dépassent largement ceux de la drogue : ainsi investir 1000$ dans l’héroïne engendre un bénéfice de 20000$… avec le même investissement, le bénéfice est de 400 000$ avec des médicaments. Internt facilitant les échanges, le nombre de fausse pharmacie en ligne ne cesse d’augmenter.

Le laboratoire a dans sa recherche respecté 3 étapes : la traçabilité du produit, l’examen visuel minutieux, l’analyse chimique.

En 5 ans 20 000 produits ont pu être analysés, soit 4 000 par an, près de 16 par jour (sans prendre en compte les week ends) !

Sur les 3000 produits analysés en 2012, environ 200 étaient falsifiés, soit un taux relativement faible.

Néanmoins on pourrait se demander, les types de falsifications détectées, d’où provenaient les produits testés, et sur quelle base l’étaient ils, il y a t il eu des actions mises en places et surtout qu’elle a été le nombre de produits falsifiés total découvert pendant les 4 premières années

Source : Sanofi.com

Communiqué de presse : LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON : LES 5 ANS D’UNE UNITÉ DE POINTE – 21 mai 2013

May 21, 2013

Les biotechnologies “biotechs” et autres innovations technologiques

biotechs

Biotechs et autres innovations quel est leur avenir ? A quoi correspondent ils ? Voici un aperçu…

  • Les biotechnologies

Les biotechnologies, représentent un ensemble de techniques qui consistent à utiliser des organismes ou parties d’organismes vivants pour fabriquer ou modifier des produits, variétés végétales ou espèces.

Les entreprises de biotechnologies se définissent selon l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) ainsi, « les biotechnologies sont l’application de la science et de la technologie à des organismes vivants, de même qu’à ses composantes, produits et modélisations, pour modifier des matériaux vivants ou non vivants aux fins de la production de connaissances, de biens et de services ».

Les entreprises de biotechnologies ou biotechs sont présentes sur plusieurs secteurs : la santé, l’agriculture, l’informatique,
l’environnement. Nous nous concentrerons plus spécifiquement sur les biotechs du secteur de la santé, dites les biotechnologies rouges. Ces biotechs se classent en plusieurs sous catégories
(d’après l’OCDE) :

  • La nano-biotechnologie
  • Les recherches sur l’ADN/ ARN
  • Les recherches sur les protéines et autres molécules
  • Les recherches sur la culture et ingénierie des cellules et des tissus
  • Les techniques de biotechnologies des procédés
  • Les vecteurs de gènes et d’ARN
  • La bioinformatique

La première société de biotechnologies est fondée en 1976 : Genentech . Depuis les biotechs n’ont fait que progresser et augmenter à la fois en volume et valeurs. Elles permettent aujourd’hui une certaine externalisation de la recherche et développement des laboratoires qui sont prêts à payer un prix considéré comme élevé pour s’assurer une nouvelle molécule.
Les apports positifs sont nombreux : les princeps issus des biotechnologies peuvent difficilement être copiés par des laboratoires de génériques, ils ciblent la maladie et diminuent ainsi considérablement les effets secondaires. Enfin ils permettent une externalisation, de la recherche et potentiellement une plus grande chance de réussite dans la découverte :
particulièrement si plusieurs laboratoires de biotechnologies recherchent un même traitement.
Nous pouvons résumer le destin des laboratoires de biotechnologies en deux catégories, se faire racheter avant l’introduction en bourse, ou réussir son introduction en bourse et se faire racheter alors.
Peu de laboratoires de biotechnologie réussissent à rester indépendant si leurs recherches et développements aboutissent à des développements probants.

“En l’an 2000, le premier laboratoire mondial sera celui qui aura réussi le basculement vers les nouvelles technologies” : J.R Fourtou, P.D.G. de Rhône-Poulenc Rorer.

En France, on répertorie actuellement 446 entreprises de biotechnologies, elles se répartissent ainsi : 266 entreprises développent des produits de santé, 155 développent des produits de service, et les 25 autres entreprises font des produits et services. Les biotechs les plus importantes arrivent à obtenir une cotation en bourse ce qui leur permet de lever davantage de capitaux pour leurs programmes de recherches et développement. Leurs valeurs sont traditionnellement très volatiles (de fortes variations peuvent avoir lieu), 24 étaient cotées en 2011.

A l’international, les biotechs sont majoritairement présentes aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Chine. Ces pays présentent différents avantages comme des facilités de financement pour les premiers, notamment avec les incubateurs qui permettent le sponsoring de plusieurs entreprises, et des coûts de développement moins importants, ainsi qu’une législation pour le moment plus « souple » pour la Chine.

  • Les innovations

Un ensemble d’innovations technologiques est entrain de voir le jour et pourrait bien constituer l’avenir des laboratoires à plus long terme : il s’agit en premier lieu de la photocopieuse d’organe.
Elle permettra à terme de reproduire un nouvel organe à partir de cellules souches, et donc de limiter ainsi les rejets d’organes tels qu’on les connait actuellement. Néanmoins, cette  technologie n’en est encore qu’à ses prémisses et même si la science connait de rapides progrès, il reste de nombreux obstacles à dépassser.

Puis, la découverte et démocratisation du génome humain : il est aujourd’hui devenu accessible au plus grand nombre. On prédit dans quelques années un coût à seulement 100€ alors qu’il s’établit aujourd’hui à 1 000€ et que le premier décriptage avait coûté 3 milliards de dollards en 2001.
Ce nouveau prix, bien plus abordable, va considérablement favoriser la médecine personnalisée et permettre de mieux comprendre quels traitements peuvent être adaptés et ainsi diminuer les effets secondaires. Cette découverte a aussi permis de révéler une multitude de déclinaisons de maladie. On répertoriait par exemple seulement 4 leucémies jusqu’à
présent, or avec la découverte du génome humain, les scientifiques ont découvert que génétiquement il en existait

Crédit photo : Forbes

Sources :

Eurosanté, Biotechnologies et santé enjeux stratégiques et perspectives pour le nord -pas de calais

PWC, La Biotech réinventée Et maintenant, que faites-vous ?

May 20, 2013

Dépenses de santé : Qui dépense ?

remboursement

  • L’Etat

Les coûts sociaux comme nous avons pu le voir plus tôt, vont devenir de plus en plus importants au fur et à mesure que la population vieillit si le système n’évolue pas. Les dépenses liées aux médicaments représentent 12% du PIB, soit 180 milliards d’euros d’après l’INSEE réparties ainsi :

  • Les soins hospitaliers (publics et privés) représentant 46% soit 83,6 milliards dont 63 milliards uniquement pour le secteur public.
  • Les soins de ville (auxiliaires médicaux, dentistes, analyses de laboratoires, cures thermales) représentent 27% des dépenses, soit 48 milliards.
  • Les médicaments ne représentent que 19% soit 34,7 milliards. Les prix des médicaments diminuent chaque année en France en moyenne de 1,8% par an (entre 2000 et 2010).

En décomposant le chiffre d’affaires, toutes taxes comprises, que représentent le prix du médicament ? Il se répartit entre l’industriel (67,6%), le grossiste répartiteur (2,5%), le pharmacien (23%) et l’Etat (6,6%). Si les prix des médicaments remboursés sont fixés au  moyen d’un accord entre l’Etat et les professionnels de la santé, il n’en est pas de même pour les médicaments non remboursés. Les détails concernant les remboursements seront explicités par la suite.

Tous les médicaments ne sont pas uniquement vendus aux consommateurs, les médicaments vendus aux hôpitaux représentent 21% en 2011 de l’industrie pharmaceutique française, la fixation de leur prix résulte d’accords établis entre le LEEM (le syndicat / lobby principal des entreprises du médicament) et les hôpitaux.
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  • Les laboratoires pharmaceutiques : le coût des phases de recherche et développement étape clef à la découverte d’un médicament

Il existe trois grandes phases dans le développement clinique :

    • La phase 1 : essais sur des volontaires sains pour juger la sécurité d’emploi du médicament
    • La phase 2 : essais sur de petits groupes de malades, pour analyser l’activité du futur médicament en terme de dose réponse
    • La phase 3 : essais multicentriques pour confirmer l’efficacité du médicament.

Il faut entre 8 et 12 ans pour procéder aux essais thérapeutiques et pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM). Les dépenses en recherche et développement représentent en moyenne 11,3% du chiffre d’affaires des “entreprises du médicament”. Ces investissements très importants peuvent s’estimer à 1 milliard en moyenne par molécule.

  • Les assurances et mutuelles : organismes complémentaires santé

Les assureurs de santé ou complémentaires santé représentent une part non négligeable notamment dans le processus de remboursement du médicament. Avec le déremboursement d’un nombre croissant de médicaments, le poids de ces structures parallèles devient de plus en plus important dans le système de santé. Cela est déjà le cas aux Etats-Unis ainsi qu’au Canada. Les complémentaires santé peuvent être présentes sous forme de 3 organismes : les mutuelles, les institutions de prévoyance, et les sociétés d’assurance.
En étudiant les tranches des postes de dépenses des organismes de remboursements, nous constatons que les médicaments ne représentent pas les remboursements principaux. On retrouve une répartition similaire pour les dépenses de la sécurité sociale. Ainsi 44% de la somme totale est reversée au milieu hospitalier, 27% pour des frais ambulatoires (médecins, dentistes, cures…), 20% concernent les médicaments, et le reste représente entre autre les transports de malades (chiffres de 2009). Si les remboursements des complémentaires stagnent globalement ces dernières années, c’est au profit d’une tendance de fond où les remboursements hospitaliers, et ambulatoires augmentent au détriment des remboursements des médicaments qui diminuent. La part des ménages représentent la différence par rapport à des prix de médicaments qui ne diminuent en moyenne que de 1,8% par an.

Sources :

LEEM, Les enjeux de l’industrie du médicament pour l’économie française,

INSEE (dépenses de santé)

Typhaine Aunay, Les prix des médicaments de 2000 à 2010, Insee Première

LEEM, prix des médicaments

Crédit photo : www.guide-securite-sociale.com

May 20, 2013

Histoire des laboratoires pharmaceutiques

Quelle est l’histoire des laboratoires pharmaceutiques ? D’où viennent ils ?

histoire

  • Avant 1990

L’histoire des laboratoires pharmaceutiques commence avec celle des premières pharmacies et des premières découvertes, notamment dues aux progrès de la chimie. La quasi-totalité des grands laboratoires actuels ont débuté leur histoire « à l’arrière d’une pharmacie ». En 1803, Friedrich Adam Stürner découvrit, en isolant des molécules, la morphine. Ceci fut le début d’une succession de grandes découvertes. L’aspirine est découverte par la suite et sera commercialisée à partir de 1893.
L’aventure du médicament commence réellement à partir de 1937 en mettant en avant l’action antibactérienne des sulfamides, ce qui permet à Fleming de découvrir la pénicilline dès 1947 (contre la tuberculose). La première pilule est découverte en 1956, le premier vaccin contre la grippe est réalisé en 1957, en 1966 la pilule est commercialisée…
Les améliorations rapides de la science et de la chimie ont permis de savoir traiter de nombreuses maladies dites faciles : il fallait alors pouvoir soigner le plus de malades possible, une certaine euphorie s’est mise en place devant tant de grandes découvertes révolutionnaires. Oui mais… La plupart de ces découvertes étaient ce qu’on peut appeler des découvertes simples, les maladies n’étaient pas encore très résistantes aux médicaments, et certaines n’étaient pas encore connues.

  • Après 1990

Après 1990, on assiste à un certain tournant. Les laboratoires, pour la majorité, issus des premières pharmacies, commencent à connaître de grands profits et on assiste alors une réelle course aux profits qui se matérialisera sous plusieurs formes. Plusieurs fusions et acquisitions d’envergure mondiale entre des grands groupes pharmaceutiques ont lieu pour n’en citer que quelques unes :

    • 1995 : Boots acquiert Knoll.
    • 1995 : Glaxo acquiert Burroughts Wellcome.
    • 1995 : Ortho-MC Neil acquiert Gynopharma.
    • 1997 : Hoffman-La Roche acquiert Boehringer Mannheim.
    • 1998 : Sanofi SI acquiert Synthelabo.
    • 1998 : Zeneca et Astra fusionnent pour former AstraZeneca.
    • 2000 : Pfizer acquiert Warner-Lambert.
    • 2000 : Glaxo Wellcome PLC et SmithKline Beecham fusionnent pour former GlaxoSmithKline (GSK).
    • 2001 : Pierre Fabre et Biomérieux fusionnent pour former un groupe qui se séparera un an plus tard.
    • 2002 : Pharmacia (US) et Pfizer fusionnent pour former une seule entité.
    • 2003 : Biogen et Idec Pharmaceuticals fusionnent pour former Biogen Idec (BIIB).
    • 2004 : Aventis et Sanofi Synthelabo fusionnent pour former le groupe Sanofi Aventis, qui devient Sanofi en 2011.
    • 2006 : Bayer acquiert une position majoritaire dans la société Schering.
    • 2006 : Merck KGaA acquiert Serono.

La plupart des grands groupes pharmaceutiques se sont consolidés pour mieux combattre la concurrence et pouvoir mettre en commun leurs capacités d’investissements et ainsi être plus compétitifs. Ils représentent aujourd’hui des géants dans l’industrie pharmaceutique ainsi que financièrement et politiquement. Aujourd’hui, Sanofi représente la première capitalisation boursière française.

Néanmoins, cette puissance des laboratoires a engendré certaines dérives : une augmentation des activités de lobbying, une forte présence financière dans les associations de patients ; on peut alors s’interroger sur l’indépendance de ces associations chargées d’aider le patient… Les visiteurs médicaux chargés de vendre et d’expliquer les produits, représentent à la fois un avantage (les formations ne sont pas obligatoires pendant l’exercice) et un certain risque pour les médecins (si les informations sont biaisées). Ces visiteurs médicaux voient leur nombre atteindre le point culminant de 24 000 visiteurs médicaux en 2004. Ces visiteurs médicaux représentaient d’une certaine façon la force du laboratoire. A partir de 2005, on observe un profond ralentissement de ces grandes tendances notamment avec un scandale aux Etats-Unis entre 1999 et 2004 : Vioxx, un médicament mis sur le marché par Merck (USA) provoque plus de 30 000 morts sur le marché américain, il n’est retiré du marché qu’en 2004. En France, un scandale arrive et bouleverse l’opinion publique du Mediator, retiré du marché en 2009. Le nombre de visiteurs médicaux chute alors pour tomber à 18 330 en 2010, soit une diminution de 24%, et cette tendance devrait se poursuivre dans les années futures. Les « cadeaux » aux médecins deviennent de plus en plus encadrés, ainsi que la législation pour permettre à un médicament d’être commercialisé (les procédures d’autorisation de mise sur le marché AMM).

Ces procédures apparaissent comme étant de plus en plus difficiles : on demande de plus en plus de transparence aux laboratoires et cela s’est traduit par la création d’un Comité de Transparence (dépendant de la Haute Autorité de Santé – explicité par la suite) chargé d’étudier les molécules pouvant potentiellement être mises sur le marché et publiant leurs compte-rendus et analyses en ligne.
De nombreux brevets de molécules découvertes dans la fin des années 1990 deviennent publics à partir de 2007 / 2010 et permettent l’arrivée des génériques sur le marché. Ces médicaments respectent la bioéquivalence des médicaments originaux mais sont beaucoup moins onéreux. On assiste alors à des pertes pouvant aller jusqu’à 80% des chiffres d’affaires précédemment réalisés en 6 mois grâce à cette molécule à cause de l’arrivée des génériques.
Au total, les grands groupes pharmaceutiques ont dénombré une perte de 135 milliards de dollars due à l’arrivée des génériques entre 2005 et 2010. Une perte supplémentaire de 154 milliards d’ici à 2015 est à prévoir. Or les coûts de recherche et développement deviennent de plus en plus importants, comme nous avons pu le constater les maladies dites simples ont été trouvées, les maladies actuelles nécessitent plus d’investissement et de recherche pour permettre la découverte de médicaments.

Ce tournant ainsi qu’un tournant technologique (découverte et démocratisation du génome humaine), un tournant international (avantages et inconvénients de la mondialisation), un tournant démographique (vieillissement de la population) ont entrainé des grands changements dans les stratégies des laboratoires pharmaceutiques.

Source :

HAS (Comission de la transparence)

HAS santé, Publication des aides versées par les industries de santé aux associations de patients Rapport 2011

LEEM, Les effectifs de la visite médicale

Le moniteur des pharmaciens, Visite médicale un métier à réinventer d’urgence

« Médicaments et santé publique » , ADSP

Crédit photo : www.zazzle.fr

May 20, 2013

Les nouveaux enjeux et les nouveaux entrants : la e santé

data

De nombreux produits ou services de substitutions ou complémentaires arrivent sur le marché de la santé notamment tout ce qui concerne le digital. En effet, les laboratoires pharmaceutiques produisent des médicaments et en cela la recherche et le développement ne pourra être remplacée par d’autres produits. Néanmoins, des services sont en train de se mettre en place et vont pouvoir apporter une valeur ajoutée et des services complémentaires pour que le bien-être du patient et l’optimisation de son traitement.
Ces services sont principalement par les évolutions technologiques.

  • Alors pourquoi un si grand succès vers ces nouvelles technologies ?

La réponse tient en une phrase : économie de coûts et optimisation du suivi patient.

Ces acteurs ont actuellement une importance toute particulière en ce qui concerne le suivi des malades. En effet, les assurances et mutuelles pourraient réaliser de fortes économies en suivant mieux la prise de médicaments par le patient. Comme nous avons pu le voir précédemment, parmi les grosses dépenses de remboursement se trouvent en première place les soins ambulatoires, ainsi que les soins hospitaliers. Or ces soins tirent en partie leurs causes, de l’arrêt ou d’une mauvaise prise dans un traitement. En mettant en place des suivis et des rappels, il a été démontré qu’au fil du temps les patients oubliaient moins la prise de leurs traitements et donc cela diminue les interventions lourdes (hospitalisations etc.) qui parfois nécessaires.
Une autre solution a été mise en place au Royaume Uni et est encore en phase d’expérimentation, cela consiste à mettre une puce permettant le suivi individuel de la prise de chaque médicament. Ainsi, si le médicament n’est pas pris, les mutuelles, assurances et les laboratoires pourront le savoir. Cela c à la fois un meilleur suivi des effets secondaires, ainsi une responsabilisation du patient. Ces solutions parmi tant d’autres pourront à l’avenir permettre de diminuer les coûts globaux que représentent les remboursements médicaux.

  • Le traitement massif des données : le big data

Tout d’abord, pour se recentrer en France le dossier médical personnalisé (DMP) est autorisé depuis 2008, son application a réellement été effective depuis 2010. L’objectif de ce dossier était au départ de fournir au médecin l’information la plus complète possible pour éviter les redondances de prescription. En août 2012, on comptabilisait 158 000 dossiers médicaux arriver à créer un système de partage des données de patients ayant un cancer pour optimiser leurs traitements.

De nombreux réseaux sociaux se mettent en place pour créer des communautés et permettre aux patients atteints de maladies rares de se sentir accompagnés : www.medhlep.org est une des premières organisations à avoir vu le jour sur internet ; il permet un meilleur partage des connaissances médicales, en liant plus plusieurs experts entre eux. Ils ont mis en place un répertoire de maladies et symptômes (plus de 1500) certifiées par des professionnels pour apporter des réponses certifiées au grand public. C’est aujourd’hui la plus large source d’information mondiale auto-enregistrée. www.WebMD.com est une autre source d’informations à visée médicale, elle cible plus le grand public et la santé du quotidien : l’alimentation, le fitness… Plus français, www.dmd-santé.com pourrait être un équivalent des deux précédents. Un réseau social à succès si l’on peut dire est représenté par www.patientslikeme.com, il permet de rencontrer et de communiquer avec des gens ayant les mêmes maladies ou traitements similaires. Ces réseaux sociaux ont pour but de rapprocher les patients, de les accompagner. Sermo est un autre réseau social permettant de répertorier les recherches médicales de professionnels, et les bonnes façons de faire. Inspire est le dernier des réseaux sociaux principaux, il relie les patients et les donateurs à plus de 70 partenariats faits avec des associations.

  • Les applications et site de services

De plus en plus d’applications apparaissent sur les smartphones comme étant des applications santé, ainsi que différents sites de service dits de santé. On observe un nombre croissant quotidien de start-up se lançant dans ces créations.
Néanmoins, si le changement arrive très rapidement, la législation pour le moment ne semble pas pouvoir aller aussi vite que ces start-up, et le danger pourrait être la transmission de mauvaises informations et ainsi mettre en danger la vie humaine. Les législations nationales devraient proposer des reconnaissances de sécurité sur ces nouveaux outils.
Leur essor se fait surtout aux Etats-Unis et au Canada où l’accès aux soins peut être très difficile du fait des territoires très étendus ; d’autre part, les soins dans ces pays coûtent très cher par rapport à un pays comme la France, où la sécurité sociale prend encore beaucoup en charge des coûts liés aux soins. Cela peut permettre de rassurer le patient, il faudrait néanmoins pouvoir les faire certifier.

Voici une liste non exhaustive d’applications que nous pouvons actuellement trouver :

  •  Mysugr réalisée pour les diabétiques pour leur permettre de mieux contrôler leur taux de sucre.
  •  Neurolocalizer est une application médicale pour aider à identifier les lésions neuronales lors de certains examens.
  •  VCath est une application pour s’entrainer avant des opérations liées au cerveau.
  •  Le BGStar (ou iBGstar) est un lecteur de glycémie développé par Sanofi pour obtenir un taux précis de son glucose sanguin.
  •  Mango Health est une application qui récompense les patients ayant suivi leurs prescriptions médicales à la lettre.
  •  Isommeil : une application pour mieux dormir
  •  Ma pharmacie Mobile : une application qui rappelle ses médicaments à prendre, permet une géolocalisation des pharmacies, et un outil de partage d’ordonnance
  •  iMediguide une application pour connaitre la notice d’un médicament
  •  Guid’Alim une application pour trouver immédiatement la composition alimentaire d’un produit
  •  Scanadu qui permet http://www.scanadu.com/ de reconnaitre rapidement certains symptômes « à la place du docteur »
  •  IClickCare qui permet à plusieurs collègues de la profession médicale de communiquer entre eux

  • Médecines naturelles & traditionnelles

Certaines médecines dites traditionnelles ont encore toute leur importance et suite aux derniers scandales ont même été un peu plus prisées car considérées comme moins dangereuses.

Tout d’abord l’homéopathie, cette médecine a une place toute particulière en France, étant donné que 56% en 2011 l’utilisent pour se soigner, et 36% se déclarent comme des utilisateurs réguliers.
En Chine, la médecine traditionnelle comme nous avons pu le voir, a encore de beaux jours devant elle, et continuera son développement.
Néanmoins, ces traitements ont leurs limites même s’ils peuvent à améliorer servir l’accompagnement et parfois la guérison du patient. Ainsi 30% de la guérison du patient dépend de l’effet placébo : celui-ci leur donne confiance, notamment dans le cas de traitements lourds. Il n’a pas encore été démontré que les médecines dites traditionnelles pourraient remplacer les médicaments, dans le cas de traitement à prendre sur de longue durée, contre des maladies graves, auto-immunes…

  • Les opérateurs téléphoniques

Les opérateurs téléphoniques commencent à rentrer sur le marché des bases de données notamment grâce au dossier médical personnalisé : le DMP, nécessitant des accords et des agrégations pour transmettre les données officielles.
Deux opérateurs, parmi les trois historiques sont sur ce marché : Orange (par sa filiale Orange Healthcare) et SFR. Orange Healthcare propose des services autour de trois axes : les services pour les professionnels de santé, le maintien à domicile et la télésurveillance, et la prévention et le bien-être via le portail santé dédié (www.femme.orange.fr). Orange Healthcare a pu développer des projets innovants : notamment lors d’un partenariat avec Sorin, pour la mise en place d’une solution pour les patients porteurs d’appareil cardiaques permettant un suivi à distance.
SFR s’est développé sur l’aide au maintien à domicile des séniors grâce à un appareil permettant de relier les séniors au reste de leur famille : SFR Family Connect.

  • Les constructeurs téléphoniques

Les constructeurs téléphoniques ne sont encore que très peu nombreux à investir le marché de la e-santé (la santé sur les plateformes digitales). La plupart de leur visibilité se fait pour le moment à travers d’entreprises partenaires qui créent des produits accessoires ainsi que des applications pour améliorer la santé du quotidien. Si les constructeurs téléphoniques ne
semblent que peu présents actuellement, Apple semble recenser la plupart des applications, il est néanmoins fort probable que de plus en plus d’applications seront disponibles pour Apple et Android.
Comme énoncé précédemment, il faudra rapidement mettre en place une législation nationale et à terme mondiale de conformité « santé » officielle pour tous les accessoires et applications disponibles sur le marché.

  • La télémédecine, les éditeurs de logiciels…
    • Les éditeurs de logiciels (McKesson, CompuGroup Medical, Corwin, Medisys, Meditrans etc.) : ils nécessitent une autorisation légale, qu’ils conservent pendant une certaine durée, pour commercialiser leurs logiciels.
    • Les prestataires de services informatiques, notamment des précurseurs en France avec Atos, qui possédait le marché pour mettre en place le Dossier Médical Personnalisé. Au niveau mondial IBM est un des acteurs principaux
    • Les hébergeurs de données de santé tels que : CSI, Carestream Health, Cegedim, Cerner, Sigems…
    • Les prestataires de services de télémédecine et de télésanté (Intervox, H2AD, Wengo Santé, N2TS…

Sources :

Burk Barry, Smarter Healthcare: Perspectives on Innovation

PRnewswire

IPSOS (L’homéopathie fait de plus en plus d’adeptes)

Pharmaceutical Market Trends

Acteurs Public (DMP : 71 millions d’euros pour les prestataires privés)

DMP (liste des logiciels DMP compatibles)

Crédit Photo : blog.gigya.com

May 20, 2013

Les laboratoires pharmaceutiques à qui s’adressent ils ? Qui sont leurs clients ?

clients

L’industrie pharmaceutique possède plusieurs clients reflétant son parcours de distribution :

  • Les distributeurs

Les premiers clients des laboratoires pharmaceutiques sont leurs distributeurs, il existe trois réseaux de distribution :

Le premier est le moins utilisé, il s’agit du réseau direct du laboratoire au patient. Le second est le plus communément utilisé : le laboratoire passe par un grossiste / répartiteur pour distribuer ses médicaments. Il n’existe que quelques grossistes / répartiteurs en France se partageant le marché47 , le groupe OCP (33,9%), Alliance Healthcare France (25,9%), le réseau CERP (30%,) le groupe Phoenix pharma (7,7%).

Les grossistes-répartiteurs doivent respecter cinq obligations très strictes :

  • Etre pharmacien
  • Desservir toutes les pharmacies qui lui en font la demande sur son secteur d’activité déclaré
  • Référencer au moins 90% des médicaments
  • Avoir un stock permettant de satisfaire au moins deux semaines de consommation
  • Livrer tout médicament de son stock dans les 24 heures.

Le dernier biais des laboratoires est celui des dépositaires, qui distribuent soit directement soit par le biais de plates-formes de distribution des centrales d’achat. Ils ne sont pas propriétaires du stock que leur confient les laboratoires, ils sont en charge du stockage des médicaments et de la sous-traitance au gré à gré.

  • Les établissements de santé

Comme nous avons pu le voir précédemment, les laboratoires peuvent livrer les établissements de santé : hôpitaux, cliniques, maisons de retraites, soit par le biais des grossistes soit directement, ce qui représente la majeure partie de leur circuit de distribution. Il existe en France près de 1100 hôpitaux et cliniques privés, près de 1 000 hôpitaux publics, à cela se rajoute près de 800 établissements privés à but non lucratifs, soit prêt de 3000 établissements publics et privés, nécessitant régulièrement des livraisons de médicaments.

  • Les professionels

Au 1er janvier 2012, l’INSEE répertoriait 216 762 médecins en France51. De nombreux ordres représentent les médecins et les aident à mieux faire entendre leurs revendications. Pour exercer en France, le médecin doit satisfaire aux trois conditions cumulatives 52:

  • Avoir la nationalité prévue par cet article de loi ;
  • Etre titulaire des diplômes 53 ;
  • Etre inscrit au tableau d’un conseil départemental de l’Ordre des médecins.

Tous les médecins exerçant sur le territoire français doivent être inscrits au tableau de l’Ordre.
Par dérogation, des médecins qui ne satisfont pas à l’ensemble de ces conditions peuvent être autorisés à exercer la profession de médecin, par arrêté individuel du ministre de la Santé. Le contact des médecins avec l’industrie pharmaceutique se fait principalement par le biais des visiteurs médicaux. Comme nous avons l’analysé précédemment, ces visiteurs médicaux avoient leur nombre diminuer d’année en année ; néanmoins, certains conflits d’intérêts subsistent, les visiteurs médicaux étant dans le passé, un moyen pour certains médecins de se former. Depuis, de nombreux magazines, même si sponsorisés par l’industrie pharmaceutique, leur permettent un autre apport, et les sites gouvernementaux tels que l’ANSM et l’HAS sont à jour des dernières tendances et commencent à être de plus en plus connus.

La place du médecin tend à évoluer ces dernières années, notamment, avec la montée des réseaux sociaux, des sites dits médicaux, et des scandales. La place du médecin et ce qu’il représente : la confiance en la médecine, apparaît comme étant de plus en plus contestée.
Concernant les pharmaciens, il existe plus de 22 000 officines en France. Les pharmaciens ont un statut très particulier qui les place au milieu de tous les acteurs avant le patient final.
En effet, ils subissent les aléas des remboursements de la Sécurité Sociale, et avec les diminutions de prix des politiques publiques et des laboratoires, ils voient leurs marges diminuer d’année en année. Ils ont un rôle à la fois social et médical ; néanmoins, ce premier n’est pour le moment pas assez reconnu publiquement. La libéralisation des ventes en ligne au
début de 2013, ne va pas aider les pharmaciens français, même si les prix en ligne devraient être supérieurs par rapport aux prix en officine.
Il existe plusieurs associations de pharmaciens leur permettant d’optimiser leurs gestions, de mieux se former, et de pouvoir bénéficier d’avantages à l’achat, comme par exemple le groupement PHR, qui compte 2600 officines au total et qui a lancé en 2001 l’enseigne Viadys (300 officines) et l’enseigne Pharma Références en 2007 (300 officines). Les pharmaciens
restent ainsi propriétaires de leurs officines, mais ont certaines contraintes : le nom de l’enseigne, l’agencement de certains produits de parapharmacie à vendre…

Les grossistes répartiteurs se diversifient en créant leur propre groupement, dans l’attente d’une libéralisation du marché, et comme conséquence de marges de plus en plus réduites : OCP a ainsi créé Pharmactiv, Alliance Boots a créé Alphega pharmacie et Phoenix a, lui, lancé Plus Pharmacie.

  • Le patient

Enfin, nous allons pouvoir analyser la place du client final, soit le consommateur des médicaments. Ce client avait jusqu’à présent une idée très lointaine des laboratoires comme nous avons pu le montrer précédemment. Sa relation avec les médicaments était beaucoup plus liée à celle des médecins et des pharmaciens, qui décidaient pour lui du médicament à
prendre. Avec les évolutions technologiques et suite aux différents scandales, les clients finaux sont devenus plus réfractaires à prendre des médicaments, et de plus en plus de médecins voient les diagnostics contestés par leur patient.
La relation des laboratoires avec les patients reste très faible, la plupart des laboratoires ont commencé à avoir une présence sur internet pour essayer de combler ce manque mais la plupart sont pour le moment réfractaires. Ils créent des « serious game » ou des sites pour permettre aux patients de se renseigner, mais le laboratoire ne fait alors que très peu
apparaître son nom par peur de manque de crédibilité.

Crédit photo : www.orange-business.com

Source :

INSEE (Médecins suivant le statut et la spécialité en 2011)

FHP (Qui sommes nous)

Le Nouvel Economiste (Pharmacie – Vers la libéralisation de la distribution de médicaments)

Pharma Analyses (Distribution du médicament en Europe : les répartiteurs défendent leur pré-carré)

CSRP (Présentation de la CSRP)

Articles du code de la santé publiques :  Article L. 4111-1 et Article L. 4131-1

May 20, 2013

Les fournisseurs des laboratoires pharmaceutiques : d’où provient la matière première ?

SUPPLIER

Il existe deux types principaux de fournisseurs en ce qui concerne les médicaments : les fournisseurs d’excipients et des substances actives. Deux problèmes sont soulevés actuellement dans la littérature spécialisée :

  • Tout d’abord les risques de pénurie des matières premières. En effet, la course aux bas coûts et des fournisseurs de plus en plus restreints pour certaines molécules entraînent le risque que certaines matières premières (API) ne soient plus produites car pas assez rentables. Actuellement la Chine concentre 19% des API pour les princeps, elle concentre 50% des laboratoires fabriquant les molécules de base pour les génériques ; or, une concentration où qu’elle soit, est dangereuse pour le problème soulevé ci-dessus  ou en cas de catastrophe naturelle.
  • Puis, le second problème communément soulevé que ce soit par la MHRA (Medecine and Healthcare products Regulatory Agency – Agence de Sécurité Sanitaire Anglaise), l’Union Européenne, le syndicat des pharmaciens, ou des professionnels indépendants, est la méconnaissance de ces produits de base. En effet, certaines matières premières (API ou excipient) arrivent en Europe sans être d’une qualité irréprochable.

  • Les excipients

Un excipient se définit comme toute substance autre que le principe actif dans un médicament, un cosmétique ou un aliment. Cela sert par exemple, pour les goûts, pour la conservation, pour la couleur…

Un des principaux problèmes des fournisseurs d’excipient est que les laboratoires pharmaceutiques ne sont que des très faibles clients pour ces fournisseurs, et les règles s’appliquant à l’industrie alimentaire ou cosmétique ne sont pas les mêmes que les règles s’adressant à l’industrie pharmaceutique, notamment sur certaines réactions possibles.

  • Les substances actives ou API

Les substances actives se définissent comme le principe actif d’un médicament, soit la matière première. Les API sont produites aujourd’hui à 75% hors d’Europe42, et le contrôle qualité devient de plus en plus difficile. Un laboratoire pharmaceutique occidental achète une matière première à bas coût à un producteur par exemple basé en Chine ou en Inde. Or, ce même producteur l’aura déjà lui-même préalablement acheté à un autre laboratoire, puis aura emballé le produit vers une autre usine et retransmettra le tout en Europe.
Il devient donc de plus en plus difficile de tracer les matières premières des laboratoires. C’est ainsi que certaines études démontrent régulièrement que sur des échantillons testés : 75% ne sont pas « purs » et contiennent d’autres substances. La Chine possède à elle seule plus de 5000 unités de production, l’Inde en possède aussi quelques milliers…

Il devient très difficile pour des structures Européennes de contrôler toutes ces unités à distance, ce qui explique que les sites européens (nettement moins nombreux et plus proches) soient contrôlés 5 fois plus en moyenne que les sites extérieurs. Néanmoins, tous les pays extérieurs à l’Europe mettent de plus en plus en place des systèmes de surveillance et même si les dérives existeront malheureusement toujours, on peut espérer qu’à moyen terme, une législation sera mise en place en Chine et permettra ainsi de diminuer fortement les problèmes de qualité rencontrés.

Les producteurs de ces matières ne sont pas que la Chine et l’Inde, d’autres pays montent rapidement sur le marché. On peut citer l’exemple de Taiwan avec ScinoPharma ; Mexico est le plus gros producteur de matières premières en Amérique du Sud. La Corée du Sud est le lieu de production privilégié du Japon. Israël est devenu un poids considérable sur le marché des médicaments du Moyen-Orient, représentée sur la scène internationale par Teva, une entreprise pharmaceutique du TOP 10 mondiale. Enfin l’Ukraine qui a mis en place de forts projets pour correspondre aux normes imposées par l’Union Européenne et ainsi inciter les entreprises européennes, à délocaliser à « proximité ».

  • La contrefaçon

Un autre problème est rencontré de plus en plus souvent et ceci partout dans le monde dans toutes les industries : il s’agit de la contrefaçon. La contrefaçon de médicament est un marché de plus en plus important contre lequel il devient de plus en plus difficile d’agir. En 2010, les médicaments contrefaits représentaient 10% du marché total, mais en étudiant les continents, on remarque qu’ils représentent 50% du marché Africain 44 ! Si les pourcentages restent
extrêmement faibles en Europe (0,2%45) et aux Etats-Unis (2%) les médicaments arrivent à traverser de plus en plus nos frontières.
La solution actuellement envisagée, consistant à faire appel à des scanners portables, permettrait de tester les molécules pour observer si les dosages sont respectés.
Néanmoins, il est aujourd’hui très difficile de chiffrer les pourcentages de provenance de médicaments contrefaits à travers le monde, même si de nombreuses études s’accordent à dire que la majeure partie des médicaments proviennent de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique subsaharienne (Kenya) et du Moyen-Orient (Liban). Il faut accorder à ces estimations un certain recul tant que plusieurs études n’auront pas globalement estimé leurs exportations.

Une dernière étude de Pfizer met en avant46que 21% des européens ont déjà acheté des médicaments contrefaits. Avec une estimation aussi importante, on pourrait s’interroger sur la part de responsabilité que les laboratoires ont sur leurs médicaments, et sur l’efficacité du contrôle des autorités européennes sur les médicaments pénétrant sur le territoire européen.

Sources:

lutter contre la contrefaçon des médicaments

Statistiques contre la contrefaçon des médicaments

Matières premières pharmaceutiques, Mondialisation et Santé publique

Rapport MHRA

Newest new markets: why API manufacturing is moving beyond India and China, Drug Development Technology

Countdown to 2013: the EU gets tough on imported APIs, Pharmaceutical Technology

Crédit photo : http://www.iconfinder.com/

May 20, 2013

Un nouveau partenaire digital : ASIP, la vision légale de l’e-santé

ASIP

Nouvelle vision de la santé en ligne, l’ASIP : Agence des Systèmes d’Informations de santé Partagé.

L’ASIP a été mise en place par le biais de ce site internet en 2012, est très active sur la toile : les communiqués de presse, les nouvelles issues de toutes l’Europe, un compte twitter quotidien https://twitter.com/esante_gouv_fr… En charge du développement des systèmes de santé, cette plateforme est amenée à se développeer, comme le montre plusieurs offres d’emplois. Elle est de plus responsable du Dossier Médical Personnel, qui permettrait de réunir des informations patients pour les redistribuer à plus grand nombre et ainsi améliorer la santé globalement et limiter les risques.

L’ASIP représente le gouvernement, sur la plateforme digitale. Elle est en charge de plusieurs missions notamment :

  • La maîtrise d’ouvrage des projets de systèmes d’information en santé qui lui sont délégués par ses membres ;
  • La réalisation et le déploiement du Dossier Médical Personnel (DMP), et en particulier la maîtrise d’ouvrage de son hébergement ;
  • La définition, la promotion et l’homologation de référentiels, standards, produits ou services contribuant à l’interopérabilité, la sécurité et l’usage des systèmes d’information de santé et de la télésanté, ainsi que la surveillance de leur bonne application ;
  • La participation à la préparation et à l’application des accords ou projets internationaux dans le domaine des systèmes de partage et d’échange de l’information de santé, à la demande du ministre ou des ministres compétents
  • … Pour un détail plus exhausitf merci de consulter le site de l’ASIP : http://esante.gouv.fr/.

Cette institution a pu à travers différents rapports mettre en avant, la nécessité de réformes et des gestions des données nécessaires en France, rapport de Syntec Numéric.

Crédit photo : http://esante.gouv.fr/